Juste pour faire suite au dernier billet de cette catégorie, je mets en ligne ce qui m'a fait m'arrêter l'autre jour devant le Mc Do Wilson... Non non, ce n'est pas l'odeur de graillou qui en sortait mais une affiche toute bête:

Avec le Mc SMS, Ronald invite les ados à faire une halte au Mc Do à des tarifs réduits...
Les tarifs réduits, c'est aussi pour Ronald qui file en contrepartie des cacahuètes à l'institut national en charge pour l'éducation à la santé pour avoir le droit de faire de telles opérations.
Je m'explique: on sait que la tendance est à limiter l'influence de l'industrie agro-alimentaire et prévenir l'obésité chez les plus jeunes.
A cette fin, deux mesures avaient été adoptées par une loi votée en août 2004.
- L'interdiction des distributeurs automatiques présents dans les établissements scolaires depuis le 1er septembre 2005.
- L'obligation de messages sanitaires aux messages promotionnels depuis le 1er janvier 2006. Voici l'extrait en question (article 29):
Les messages publicitaires télévisés ou radiodiffusés en faveur de boissons avec ajouts de sucres, de sel ou d'édulcorants de synthèse et de produits alimentaires manufacturés (...) doivent contenir une information à caractère sanitaire. La même obligation d'information s'impose aux actions de promotion de ces boissons et produits.
Des boissons avec ajouts de sucres, de sel ou d'édulcorants de synthèse, c'est bien ce qu'on trouve au Mc Do, non? Et un big mac, c'est bien un produit alimentaire manufacturé?!
Heureusement, les annonceurs peuvent néanmoins se soustraire à cette obligation, en choisissant de verser l'équivalent de 1,5 % de leur budget promotionnel annuel à l'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé...
C'est là où l'on comprend que Ronald est malin. Autant la cotisation qui peut découler du prix d'un achat d'espace publicitaire à la TV peut être significative vu les tarifs pratiqués par les régies sur les chaînes généralistes aux heures de grande écoute, et les frais d'agence et de production d'un spot, - mais pour cette opération, les 1,5 % seront indexés sur le coût de fabrication d'affichettes et les coût des sms, ce qui revient à presque rien. Selon un article de l'entreprise.com, il faut compter entre 7 à 15 centimes d'euro par message envoyé, les prix étant fortement dégressifs selon le volume.
Cet exemple laisse songeur quant à la façon dont a été rédigée cette loi je trouve. Je ne dirais pas que le Mc SMS est un scandale, mais je pense que quelques aménagements seraient peut-être nécéssaires... Vous en pensez quoi vous?
(1) Loi n° 2004-806 du 9 août 2004 relative à la politique de santé publique.
Vous pouvez la consulter sur le site de légifrance.